Accord de libre-échange UE-Japon/Sommet : commerce et sécurité au menu

Tokyo (awp/afp) – L’Union européenne et le Japon tiennent mardi un sommet de quelques heures qui doit permettre notamment de faire le point sur l’état des négociations en cours en vue d’un ambitieux accord de libre-échange. Les présidents de l’UE, Herman Van Rompuy, et de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ainsi que le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht doivent s’entretenir avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Depuis le lancement de ces négociations le 25 mars dernier (par téléphone faute de sommet bilatéral en raison de la crise chypriote), les deux partenaires, qui représentent ensemble plus du tiers de la production de richesse mondiale, ont eu trois séances de négociations.

« Nous avons déjà fait du chemin », explique-t-on côté européen, même si de l’avis général, ces discussions s’annoncent longues et ardues, chaque partie ayant à coeur de protéger des secteurs jugés « sensibles ».

Sans oublier que parallèlement le Japon est engagé depuis juillet dans une autre série de dialogues de libre-échange dans le cadre du projet de partenariat trans-pacifique (TPP), sous la houlette des États-Unis.

« Cette négociation (UE-Japon) sera très difficile car nous sommes des acteurs importants sur le plan mondial confrontés à un manque de croissance », avait d’emblée prévenu Karel de Gucht.

L’UE estime qu’un accord de libre-échange avec le Japon pourrait augmenter de 0,6% à 0,8% son produit intérieur brut (PIB) et générer 400.000 emplois.

Actuellement le Japon n’est plus que le septième marché des exportateurs européens – alors qu’il était le troisième il y a dix ans.

Le Japon espère pour sa part faciliter l’accès de ses produits au marché européen, notamment dans les secteurs stratégiques de l’automobile et de l’électronique.

Il veut combler son handicap vis-à-vis de la Corée du Sud, qui a un accord de libre-échange avec l’UE depuis deux ans et dont les voitures et smartphones font un malheur sur le Vieux continent.

Dans l’autre sens, les 28 de l’UE ont enregistré l’an dernier leur premier excédent commercial avec ce pays, avec un bond de 24% des exportations communautaires sur un an.

Côté européen, on insiste sur l’importance de la levée par le Japon des barrières non tarifaires, 31 selon l’UE, qui peuvent prendre la forme de sévères normes de sécurité et d’homologation dans des secteurs aussi variés que l’automobile, le transport ferroviaire, les médicaments ou l’alimentation.

L’accord en discussion couvre les biens et les services, ainsi que les investissements, les marchés publics ou encore la propriété intellectuelle.

En lançant le processus de négociations, M. De Gucht avait averti que Bruxelles se réservait le droit d’interrompre ces négociations si Tokyo ne faisait pas de progrès suffisants sur les barrières non tarifaires.

Un examen est justement prévu en avril prochain à l’occasion du premier anniversaire du lancement des négociations.

L’EUROPE AUSSI ATTENDUE SUR LES TENSIONS SINO-JAPONAISES

Sur le volet plus politico-diplomatique, le Japon et l’UE discutent aussi d’un accord de partenariat stratégique, dans un contexte de tensions régionales accrues, notamment entre Tokyo et la Chine autour d’un différend territorial en mer de Chine orientale.

« Ces questions sont beaucoup plus présentes sur notre agenda qu’auparavant », dit-on côté européen.

Fin octobre, le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton était d’ailleurs à Tokyo pour parler sécurité et politique étrangères avec les autorités nippones.

« L’Europe joue un rôle de pointe en matière de paix et de stabilité » dans le monde, indique à l’AFP Masaru Sato, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Pour le Japon, poursuit-il, l’UE est un « partenaire global qui partage des valeurs essentielles telles que la démocratie et les droits de l’homme ».

Le Japon, juge pour sa part un diplomate européen, voit désormais les 28 comme « un », et « l’Europe a un numéro de téléphone », a-t-il souligné, prenant le contrepied de l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger qui raillait en 1970 le manque de cohésion des Européens.

Juste après ce sommet avec le Japon, l’UE en tiendra un autre, avec la Chine.

afp/rp

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