Marché transatlantique. La Maison de la presse « hors Tafta »

Pour marquer son opposition au traité de grand marché transatlantique, Fred...

Pour marquer son opposition au traité de grand marché transatlantique, Fred Vasseur a placardé des affiches « Stop Tafta» sur les vitrines de la Maison de la presse.

De plus en plus de communes se déclarent symboliquement « hors Tafta », refusant le traité de libre-échange qui se négocie dans l’opacité entre l’Union européenne et les États-Unis. À l’instar de la Maison de la presse, des commerces rejoignent le mouvement.

« Un libraire, ça vend des livres et ça ferme sa gueule ». Ainsi éructa naguère un grand éditeur parisien, digérant un dîner en ville trop copieux. Fred Vasseur, lui, a bien l’intention de l’ouvrir. « J’ai décidé d’arrêter de m’autocensurer et de montrer davantage ce que je pense : de moins la fermer pour mieux informer ». Après tout, ce n’est pas parce qu’on est commerçant, recevant des clients aux opinions les plus diverses, qu’il serait interdit d’afficher les siennes. Ça n’empêche en rien de respecter celles des autres.

Entre experts et lobbyistes

« Les attentats, le repli sur soi et aussi des événements de ma vie personnelle m’amènent à vouloir positionner politiquement la Maison de la presse ». Mais attention, pas de cette politique politicienne dont Fred Vasseur est à mille lieues. « Je n’appartiens à aucune organisation quelle qu’elle soit. Il s’agit d’une démarche personnelle, d’un engagement citoyen ». Son combat ? Le Tafta. Acronyme anglais de Trans Atlantic Free Trade Area, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis se négocie dans la plus grande discrétion, depuis deux ans, entre experts non-élus et lobbyistes des grandes firmes. « Sans qu’il n’y ait aucun contrôle démocratique, le traité entend supprimer les protections douanières et redéfinir toutes les normes et les règles régissant les échanges entre les deux continents », résume Fred Vasseur. Il n’est pas le seul à s’en inquiéter.

 Des communes « hors Tafta »

Pour la seule France, la pétition européenne en ligne affiche plus de 350.000 signatures. Des communes sont de plus en plus nombreuses à se déclarer « hors Tafta ». Près de chez nous, on trouve Carhaix, Motreff, Saint-Rivoal, Saint-Yvi ou encore Douarnenez qui, pour sa part, est en « vigilance ». On voit que l’inquiétude transcende les traditionnelles chapelles politiques. « Le traité permettra aux entreprises privées d’attaquer les États en justice si elles estiment que les législations nationales portent préjudice à leurs intérêts. Les jugements seront rendus par des tribunaux privés, appelés arbitraux, composés d’avocats d’affaires et de juristes recrutés parmi les grandes firmes internationales ». Pour Fred Vasseur, les conséquences seront « dramatiques » dans biens des secteurs de la vie économique et sociale.

« Tafta ta gueule à la récré »

« On ne pourra plus interdire les OGM ni les viandes aux hormones de croissance ou lavées au chlore. Les conditions de travail vont se dégrader vers le moins-disant, les aides publiques à la santé, l’éducation ou la culture seront attaquables, tout comme le refus d’exploiter les gaz de schiste si préjudiciable à l’environnement ». La liste est encore longue des griefs que Fred Vasseur fait au traité. « Je conseille à tout le monde de regarder sur internet le petit film intitulé « Tafta ta gueule à la récré ». En trois minutes, il résume parfaitement les enjeux et conséquences du traité ». Vidéo qu’il compte projeter dans son commerce.

Publicités