Rejet du TTIP et CETA : occasion manquée au Parlement, prochaine étape le 13 mai

Les traités de libre-échange avec le Canada (CETA) et les États-Unis (TTIP) ont été soutenus par la majorité aujourd’hui à la Chambre. Il reste jusqu’au 13 mai pour inverser la vapeur.

« C’est une occasion manquée de s’opposer à ces traités qui menacent nos acquis sociaux et toutes les normes sanitaires, environnementales et démocratiques, a déclaré Marco Van Hees, député fédéral PTB. Il reste jusqu’au 13 mai, le jour où le Conseil Européen a prévu d’approuver le CETA, pour renverser la vapeur. Le mouvement de mobilisation contre ces traités grandit. Nous pouvons mettre en échec ces accords de libre-échange. »

Le PTB avait déposé 2 résolutions demandant le rejet définitif du TTIP et du CETA, mais elles ont été rejetées par la majorité au Parlement au profit d’un texte soutenant le TTIP.

« Ce n’est pas étonnant que la majorité MR-N-VA soutiennent ces traités, réagit Marco Van Hees. Ils visent à mettre les travailleurs en concurrence ainsi que brader les services publics, les normes sociales et environnementales dans l’intérêt des multinationales. Ces traités vont par exemple ouvrir grand la porte à plus de dumping social, à la remise en cause de notre système de soins de santé ou à la commercialisation de bœuf aux hormones et de poulet au chlore. Cela colle parfaitement avec le projet de société du gouvernement. Pour nous, ils sont simplement imbuvables. »

La mobilisation grandit contre ces traités partout en Europe. Plus de 3 millions d’Européens ont déjà signé la pétition stop-TTIP, des centaines de localités se sont déclarées « Zones hors-TTIP ». Il y a des précédents : en 1998 et 2012 les mobilisations ont permis de faire capoter les traités AMI et ACTA qui étaient similaires à ceux que la classe dirigeante européenne essaye de faire passer aujourd’hui. « Le temps presse mais rien n’est joué », conclut Marco Van Hees. Le PTB soutiendra les différentes mobilisations citoyennes qui s’organiseront d’ici le 13 mai pour stopper les traités de libre-échange.

Ouverture d’une « reading room » pour l’accès aux documents de négociation : « le niveau homéopathique de la transparence »

Plus de deux ans après le début des négociations, les élus nationaux et régionaux auront enfin accès aux textes de négociation du TTIP via l’ouverture d’une « reading room » au SPF Affaire étrangères. Un accès encore bien limité, car il s’agit des mêmes conditions qu’au niveau européen : une pièce fermée, sans téléphone, sans accès Internet, avec plus de 300 pages de texte et encore beaucoup plus de notes annexes, sans pouvoir être accompagné d’un collaborateur, avec la possibilité de rester seulement 2 heures dans la pièce. Une obligation de confidentialité totale est imposée sur ce qui a été consulté. Ce qui fait dire au député Marco Van Hees que, si certains parlent d’un progrès en matière de démocratie, c’est en réalité un très petit pas. « C’est le niveau homéopathique de la transparence, a réagi en commission l’élu du PTB. Ces reading rooms sont anti-démocratiques. En les adoptant, les États reprennent déjà les manières de fonctionner des multinationales lorsqu’elles se lancent dans des grandes opérations comme les fusions. »

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