Négocié en 2009 et signé en 2014 par le Canada et l’Union européenne, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) est le premier «méga accord» de nouvelle génération. Il a pour vocation de créer un espace de libre-échange transatlantique, à l’instar du TTIP (Tafta) devant lier les Etats-Unis et l’UE. Et doit, avant d’entrer en vigueur, être signé par l’ensemble des pays membres de l’Union et les provinces du Canada. Le hic, c’est que mercredi, le ministre-président de la Wallonie a annoncé le refus de sa région de donner les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral belge. «La contestation de la société civile est devenue officielle», commente Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD 11.11.11, un groupe d’ONG opposé au CETA. En Belgique, le commerce extérieur relève d’une compétence régionale : le pays aura donc besoin de l’unanimité de ses régions pour ratifier le traité. La nouvelle met donc un sérieux coup de frein à sa signature. «Le CETA n’est censé concerner que les échanges entre le Canada et l’Europe. Or on sait que 81 % des entreprises américaines présentes en Europe possèdent également une filiale au Canada, rappelle Arnaud Zacharie. Les multinationales américaines auront ainsi la possibilité d’utiliser ce traité pour porter plainte contre les Etats européens en cas de désaccord.» Le texte prévoit aussi une convergence des normes entre le Canada et l’UE, alors qu’il n’existe pas de règles communes au sein même de l’Europe. «Cela reviendrait à un nivellement par le bas de nos normes et à la dilution de la construction européenne dans un espace beaucoup plus large», affirme l’ONG.