Pour Sigmar Gabriel (Vice-chancelier d’Allemagne), l’accord TAFTAa « pratiquement échoué »

Le vice-chancelier allemand et ministre de l’économie, Sigmar Gabriel, et la chancelière allemande Angela Merkel, à Berlin, le 17 août.

Il assure dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Sigmar Gabriel, vice-chancelier allemand et ministre de l’économie, a mis les pieds dans le plat en affirmant, dimanche 28 août, à la télévision allemande ZDF, que les négociations entre l’UE et les Etats-Unis sur le traité transatlantique (le fameux TTIP ou Tafta) « ont pratiquement échoué, même si personne ne l’admet vraiment ».

Pour le leader social-démocrate, après 14 rounds de négociations (elles ont commencé mi-2013), « les deux parties n’ont même pas réussi à s’entendre sur un seul point des 27 chapitres en discussion ». M. Gabriel a filé la comparaison avec l’accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada, conclu en septembre 2014 (mais toujours pas ratifié), qui serait « plus juste » et qui rendrait « furieux » Washington.

Ces propos contrastent fortement avec les prises de position de la chancelière Angela Merkel, qui fut à l’origine, côté européen, du lancement des discussions avec les Américains, et qui depuis, n’a cessé de soutenir le Tafta, bien qu’il soit de moins en moins populaire.

Thème négatif de la campagne américaine

Il est vrai que les chances de conclure entre la Commission européenne (qui négocie au nom des 28 Etats membres) et l’administration Obama sont désormais quasi nulles, à moins de trois mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Le 14e round de négociations, en juillet dernier, n’a pas permis d’avancer sur les points les plus durs de la discussion : l’accès aux marchés publics américains, que réclament les Européens, et aux marchés agricoles européens, que convoitent les Américains, mais que Bruxelles refuse de fragiliser en les ouvrant davantage à la concurrence.

Un 15e round est d’ores et déjà prévu, aux Etats-Unis, pendant la première semaine d’octobre. Mais les accords de libre-échange sont devenus un des thèmes négatifs de la campagne américaine. « Trump mise tout sur le protectionnisme, et pour Clinton, c’est beaucoup trop risqué, vu l’état de l’opinion publique, de soutenir ces traités », relève Charles de Marcilly, de la fondation Robert Schuman.

La chancelière Merkel avait tenté, au printemps dernier, de conclure un accord polotique partiel avant le départ d’Obama. Mais elle n’a pas été suivie, le président Hollande ayant dit « non, à ce stade des négociations » à un accord avec Washington. « Les propos du vice-chancelier rejoignent parfaitement mes déclarations avant l’été. Mais nous savons aussi qu’il y a un débat très dur dans la grande coalition [SPD et CDU de Merkel] et que la chancelière est sur une autre ligne que nous », a déclaré au Monde Matthias Fekl, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, dimanche.

Arrière-pensées politiques

A Bruxelles, si personne ne se fait trop d’illusions, les équipes de la Commission estiment néanmoins que « le Tafta n’est pas mort », selon une source diplomatique européenne. Elles parient sur le fait que les discussions pourraient reprendre quelques mois après l’installation d’Hillary Clinton à la Maison Blanche, si c’est elle qui l’emporte.

Les propos de Sigmar Gabriel ne sont certainement pas dénués d’arrière-pensées politiques, à un an des élections allemandes, et alors que le SPD, très affaibli, s’apprête à se réunir en congrès (le 19 septembre) précisément autour du thème du Tafta. Dénoncer le traité est un bon moyen de s’adresser à son aile gauche. C’est en Allemagne que l’opposition de la société civile au traité transatlantique est la plus vive dans l’UE.

A la fin du printemps, si Français Hollande a pris la parole contre le Tafta, c’est aussi pour donner des gages à la gauche du PS, estime-t-on à Bruxelles. De fait, quelques semaines plus tard, lors d’un sommet européen, le président français a finalement accepté de renouveler le mandat de négociation de la Commission – comme les 27 autres dirigeants de l’Union.

Source —> LE MONDE Par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)

Publicités

Allemagne : 100 000 personnes se joignent à une plainte contre le Ceta

 
En Allemagne, Lire la suite »

Le soutien au TTIP / TAFTA en chute libre en Allemagne et aux USA-sondage

   BERLIN, 21 avril (Reuters) - Le soutien en faveur du 
Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement 
(TTIP) est en chute libre dans l'opinion aussi bien en Allemagne 
qu'aux Etats-Unis, à en croire un sondage rendu public jeudi, à 
quelques jours d'une rencontre entre la chancelière Angela 
Merkel et Barack Obama. 
    Selon cette enquête, réalisée par l'institut YouGov pour la 
Fondation Bertelsmann, seuls 17% des Allemands estiment que le 
TTIP est une bonne chose, contre 55% il y a deux ans. 
    Aux Etats-Unis, on ne trouve plus que 18% sondés pour penser 
du bien du TTIP, contre 53% en 2014. Près de la moitié des 
personnes interrogées aux Etats-Unis disent toutefois ne pas en 
savoir assez sur l'accord en cours de négociation pour pouvoir 
se prononcer. 
    Le TTIP devrait figurer en tête de l'ordre du jour des 
entretiens qu'auront la chancelière Merkel et le président 
américain dimanche et lundi à Hanovre, dans le nord de 
l'Allemagne. Lundi, Obama verra également à Hanovre les 
dirigeants français, italien et britannique. 
    Avant cette rencontre, des responsables allemands se sont 
dits optimistes quant à la possibilité de conclure un large 
"accord politique" entre l'Union européenne et Washington avant 
que Barack Obama ne quitte la Maison blanche en janvier. Ces 
responsables espèrent que le TTIP pourra être ensuite finalisé 
avec le successeur d'Obama. 
    De nombreux signes ont traduit ces dernières semaines une 
impatience de plus en plus grande des pays européens face à la 
lenteur des négociations, qui doivent reprendre à New York la 
semaine prochaine. Mercredi, ainsi, le ministre allemand de 
l'Economie, Sigmar Gabriel, a jugé le processus de négociations 
"gelé" et s'est demandé si les Etats-Unis voulaient 
véritablement un accord.

TTIP : 62% des PME allemandes s’attendent à des effets négatifs pour les petites et moyennes entreprises

 

Une étude de la Fondation Schöpflin et de la Fédération allemande des PME (BVMW) conduite par l’institut Prognos auprès de 800 PME allemandes tire la sonnette d’alarme

Communiqué de presse – 10/03/2016 – Pour les PME allemandes, les risques liés au TTIP l’emportent sur les bénéfices attendus, conclut l’étude présentée aujourd’hui à Berlin. Ces résultats mettent la Commission européenne au défi de montrer l’impact de sa politique commerciale sur les PME dont elle affirme faire sa priorité. Si les craintes des PME allemandes sont justifiées, le TTIP pourrait avoir un impact dévastateur sur l’économie et sur l’emploi en Europe.

Menée auprès d’un échantillon de 800 PME, dans lequel les grandes PME et les PME du secteur manufacturier sont fortement représentées, l’étude apporte un éclairage nouveau sur les attentes et les craintes des PME allemandes vis-à-vis des négociations commerciales en cours. Près de la moitié des entreprises interrogées est pourtant active à l’exportation mais la destination privilégiée est l’Union européenne. Un sixième a aussi réalisé des investissements directs étrangers, essentiellement en Europe.

Principaux enseignements :

  • Seulement 18 % et 15 % des PME interrogées s’attendent à ce que les nouveaux accords de commerce prévus facilitent l’ouverture de nouveaux marchés et l’approvisionnement en bien intermédiaires.
  • 45 % anticipent une concurrence accrue, en particulier de la part des grands groupes internationaux. Et 28 % s’attendent à ce que leur entreprise ait des difficultés à y faire face.
  • Une majorité des PME interrogées pense que le TTIP aura des effets négatifs sur l’économie (56%) et les PME (62%) allemandes. Selon elles, les grandes entreprises seront les premières bénéficiaires du futur traité (57%) à leurs dépens puisque 40 % s’attendent à des effets négatifs sur leur secteur d’activité et 35 % sur leur propre entreprise.
  • Si l’harmonisation des normes est un objectif assez consensuel, 2/3 des entreprises préfèrent qu’elle soit conduite dans un cadre multilatéral, notamment dans les organismes internationaux de normalisation, plutôt que via des accords bilatéraux.
  • Sur la question très controversée de l’arbitrage d’investissement, seulement 17 % pensent qu’il s’agit d’un instrument important pour faire respecter les droits des investisseurs, alors que 67 % plaident pour un traitement non discriminatoire entre les investisseurs nationaux et les investisseurs étrangers en matière d’accès à la justice.

Dans un avis rendu en juillet 2015, le Comité économique et social européen avait déjà alerté sur la nécessité de mener une étude d’impact approfondie par pays et par secteur afin de mieux mesurer les effets possibles du TTIP sur l’activité des PME exportatrices mais aussi de celles qui n’exportent pas. Il ne suffit en effet pas de montrer que le futur accord pourrait lever des obstacles pour les 0,7 % des PME européennes qui exportent déjà vers les États-Unis pour conclure qu’il pourrait être bénéfique pour l’ensemble d’entre elles.

Les 20 millions de petites et moyennes entreprises européennes sont à l’origine de deux tiers des emplois privés et de 85 % des emplois crées entre 2002 et 2010. Dans la situation actuelle, il serait irresponsable de la part des eurodéputés et des États membres d’accepter des accords de commerce transatlantiques nocifs pour ces PME. La sagesse invite au contraire à suspendre la ratification de l’accord UE-Canada prévue en 2016 et les négociations du TTIP afin de conduire les études nécessaires et d’ouvrir un débat transparent et informé avec l’ensemble des acteurs directement concernées.

Contact : Mathilde Dupré, Institut Veblen, dupre@veblen-institute.org, 06 77 70 49 55

Note aux rédactions :

- Consulter la synthèse de l’étude et la présentation powerpoint en Français

- La BVMW (Bundesverband Mittelständische Wirtschaft) est la principale association indépendante allemande de PME. Elle compte plus de 270 000 membres et a déjà exprimé des craintes vis à vis des effets des négociations commerciales en cours.

- Voir aussi « Un accord transatlantique à quel prix pour les PME ? », publié par l’Institut Veblen a publié en octobre 2015

Documents joints

Des milliers de manifestants à Berlin pour une agriculture plus humaine

Des manifestants réclament à Berlin une agriculture plus humaine et respectueuse de l'environnement, le 16 janvier 2016
Des manifestants réclament à Berlin une agriculture plus humaine et respectueuse de l’environnement, le 16 janvier 2016 – © TOBIAS SCHWARZ
AFP – Publié le samedi 16 janvier 2016 à 15h32

Des milliers de personnes ont participé samedi à Berlin à une manifestation, ouverte par environ 130 tracteurs, réclamant une agriculture plus humaine et respectueuse de l’Environnement, a constaté un journaliste de l’AFP.

Réunis autour du slogan « Nous en avons marre« , les manifestants réclamaient notamment la fin de l’élevage de masse, des manipulations génétiques et dénonçaient le traité de libre-échange TTIP, à l’appel d’organisations de protection de l’Environnement, de groupements d’agriculteurs ainsi que de partis et associations comme Les Verts, « Brot für die Welt » (« Du pain pour le monde« ) ou Die Linke (gauche radicale).

« Nous souhaitons une nouvelle économie agricole qui ne soit plus une industrie« , a expliqué à l’AFP Hans-Christian Ströbele, une des figures historiques des Verts allemands, présent dans ce cortège parti de la Potsdamer Platz, une des principales places de la capitale allemande pour se diriger vers la chancellerie, après un tour dans le centre-ville.

« Nous voulons une agriculture qui soit meilleure pour la santé et qui en même temps fournisse des revenus solides aux agriculteurs« , a poursuivi M. Ströbele. « Et le fait que nous soyons aussi nombreux aujourd’hui, c’est un signal fort pour montrer que quelque chose doit changer en Allemagne« , a-t-il estimé.

La manifestation qui a réuni plus de 5.000 personnes, selon la police, et plus de 10.000 personnes, selon les organisateurs, est organisée chaque année à l’occasion du début de la « Semaine Verte« , le salon de l’Agriculture de Berlin, réputé le plus important du monde.


46 % des Allemands se disent hostiles au projet de zone de libre échange entre l’UE et les USA (TAFTA/TTIP)

Près de la moitié des Allemands (46%) se disent hostiles au projet de zone de libre échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis, selon un sondage publié vendredi par l’institut Emnid.

La précédente enquête Emnid, en février 2014, montrait que 25% seulement des Allemands interrogés s’opposaient au projet d’accord de libéralisation des échanges transatlantiques (Tafta ou TTIP).

Dans le même temps, le soutien est passé de 39 à 34%.
Les négociations à huis clos entre l’administration américaine et la Commission européenne reprennent la semaine prochaine à Miami. Les deux parties espèrent conclure d’ici la fin de l’année prochaine.

Mais les opposants au Tafta redoutent qu’il ne porte atteinte à la démocratie et qu’il aboutisse à un abaissement des normes européennes en matière de santé publique, de sécurité des consommateurs et de protection de l’environnement. Samedi dernier, 150.000 personnes au moins ont manifesté dans Berlin pour exprimer leur rejeter.

Ses défenseurs affirment pour leur part que ce traité de libre commerce servira de contrepoids à la puissance économique de la Chine et qu’il serait porteur de 90 milliards d’euros de gains économiques de part et d’autre de l’Atlantique.

La semaine dernière, la France a annoncé qu’elle proposerait de mettre un terme aux négociations avec les Etats-Unis si aucun changement substantiel dans les discussions ne survient en 2016.


BLOQUER le nouveau siège de la BCE le 18 MARS lors de son inauguration à Francfort

BCE 18 mars 2015 Blockupy 1

Le 18 mars, tou.te.s à Francfort pour passer à l’action contre l’austérité : ils inaugurent les nouveaux bâtiments de la BCE, allons prendre en main la cérémonie !

Le nouveau siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort sera inauguré le mercredi 18 mars : les deux tours de cette forteresse de l’austérité, qui ont coûté 1,3 milliard d’euros, sont le symbole du gouffre qui sépare les élites financières et politiques des populations.

Une cérémonie en grande pompe est prévue en présence des chefs d’État et de gouvernement… Mais nous serons également présent.e.s pour troubler leur fête ! Il n’y a rien, en effet, à célébrer dans les politiques d’austérité menées par l’Union européenne depuis le début de la crise et qui s’installent comme un régime de gouvernance économique permanent : chômage, précarité, privatisations, appauvrissement des populations…

Ce 18 mars, nous prendrons les rues de Francfort par milliers, pour en faire une zone de résistance transnationale contre la Troïka et les politiques de crise. Nous rendrons visibles les mouvements qui se mobilisent à travers l’Europe, particulièrement en Europe du Sud, ainsi que les forces nouvelles qui œuvrent à bâtir une Europe solidaire et une vraie démocratie. Après les premières mobilisations de Blockupy en 2012 et 2013 à Francfort, qui n’étaient qu’un début, nous appelons donc à une forte participation aux manifestations, blocages et actions de désobéissance civile qui se dérouleront ce mercredi 18 mars. Avec les mouvements européens, nous ferons entendre notre slogan : « Ils veulent le capitalisme sans la démocratie, nous voulons la démocratie sans le capitalisme ! ».

BCE 18 mars 2015 Blockupy 2

Informations pratiques

Le 18 mars à Francfort pour participer aux actions, encerclement de la BCE et à la manifestation internationale !

Des transports collectifs unitaires seront organisés de plusieurs villes. Info et contact : blockupy18mars@attac.org.

Pour les départs de Paris, les informations sont disponibles ici : « Blockupy : inscription au départ collectif en bus ».